


« Un maître artisan ébéniste, soucieux de la transmission des savoir-faire et éco responsable…! »
Après des études universitaires en histoire, intéressé par le métier de luthier, Mathieu se forme à la restauration de mobilier, â la faveur d’un désistement sur Chartres.
Puis il rejoint la Manche, passe son CAP d’ébéniste et travaille comme chef d’atelier chez un ébéniste établi. Fort d’un esprit entrepreneurial, il prend le risque de s’établir à son compte et s’installe dans le Perche, région de sa compagne, dans le village de Sablons sur Huisne. Son savoir-faire d’ébéniste lui fait aussi appréhender la sculpture, le tournage, la marqueterie.

Comme pour beaucoup d’artisans, la période du Covid a vu le développement des achats en ligne pour les particuliers. Cela a multiplié les problèmes et besoins d’expertises. Ses connaissances en histoire lui permettent d’étudier celle des mobiliers qui lui sont confiés. Il peut aussi faire face à des bois inconnus. Il s’est spécialisé dans la restauration conservation de mobilier, sièges et objets d’art, mais il peut aussi réaliser des copies ou des créations contemporaines.
Le bouche à oreilles reste primordial pour se faire connaître, mais un site internet lui permet de toucher de nouveaux clients, y compris à l’étranger (Qatar, Angleterre, Suisse…), même si la logistique est parfois compliquée. De pièces marquantes, Mathieu se rappelle en particulier d’un meuble ayant appartenu à Sissi (restauré pour un antiquaire de Chartes) reparti depuis en Hongrie, et d’un coffre datant du Moyen Age.

Les outils ou les gestes restent les mêmes au fil des générations. Dans son atelier, on peut découvrir un magnifique meuble-établi, aux outils très bien rangés et entretenus. La gestion du stock de bois, majoritairement du chêne de forêts françaises, ne se révèle pas trop compliquée. Elle bénéficie parfois de la fermeture de certains ateliers cédant leurs surplus. Seuls les plaquages sont issus de bois exotiques.
Mathieu a décidé d’adopter une gestion et des pratiques éco-responsables (gestion des déchets, recyclage, techniques employées, utilisation de matières premières végétales…).
Il n’utilise plus aucun produit dérivé de la pétrochimie. Il a dû se former à la physique-chimie pour devenir autonome dans la fabrication de ses préparations, vernis et décapants, et comprendre de nouvelles normes.
S’il note un retour à des pratiques anciennes (vernis anciens, meubles cirés), des techniques et méthodes ont disparu !
Et Mathieu exprime son inquiétude pour l’avenir de son métier. Il note un manque et une perte de savoir-faire, amplifiés par l’absence de formation dans plusieurs régions et parfois un niveau moindre d’exigence dans la pratique. Un nouvel engagement pour lui ?
